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Point marchés actions par Peter Garnry

Dans les années 1990, après la chute du mur de Berlin, l’Allemagne était souvent considérée comme un fardeau européen, même pendant l'expansion menant à la grande crise financière. Depuis, l'attention s’est plutôt portée sur des pays comme la France et le sud de l’Europe en raison d'un manque de croissance et d'un chômage élevé. Cela dit, comme le célèbre proverbe le dit "L'habit ne fait pas le moine », ce qui correspond bien au fait que le marché boursier français ne reflète pas  vraiment la santé de l'économie française.

Depuis 2004, les actions françaises, définies par l'indice SBF 250 (aussi appelé CAC All-Tradable Index), indiquent une rentabilité annualisée de 7,2% (dividendes réinvestis) contre une rentabilité annualisée de 7,1% pour l'indice STOXX 600 (l'indice paneuropéen principal). En d'autres termes, en 14 ans, les actions françaises n'ont pas dégagé d'alpha face aux actions européennes. De plus, l'indice est fortement corrélé au marché boursier européen, ce qui limite fortement le bénéfice de la diversification pour les investisseurs français au sein de l’Europe. Par conséquent, les investisseurs français devraient chercher à se diversifier en dehors de l'Europe.

Le marché boursier français est décoté par rapport aux  actions européennes comme nous le montre l’analyse du multiple forward EV / EBITDA 12 mois. Ce phénomène s’est d’ailleurs atténué considérablement l'année écoulée. Une comparaison des multiples de valorisation suppose que les deux actifs, ici,  SBF 250 et STOXX 600, sont identiques, ce qui est rarement le cas dans les marchés boursiers. Quelle est alors la différence entre le marché actions français et européen?

Le tableau ci-dessous présente la pondération sectorielle sur chacun de ces deux indices. Voici la première raison pour laquelle les actions françaises se négocient en général au rabais. L'indice SBF 250 est plus exposé aux secteurs des valeurs industrielles, de consommation discrétionnaire et au secteur énergétique. Trois secteurs qui sont plus cycliques et, qui par conséquent, affichent des valorisations plus faibles. Les deux secteurs les plus robustes et défensifs sont généralement : les biens de consommation courant et les soins de santé. L'indice SBF 250 affiche une exposition inférieure à celle des actions européennes sur ces deux secteurs. Dans l'ensemble, le marché boursier français semble être plus cyclique.

Nous entrons dans le quatrième trimestre avec une perspective haussière sur les actions mondiales, y compris les actions françaises. La macroéconomie actuelle est encore positive pour les actions  avec une économie mondiale se développant autour d’une croissance tendancielle sans pression inflationniste significative. Dernièrement, l'euro s'est encore affaibli, ce qui devrait stimuler les actions européennes et françaises.

 

Quelles sont les actions que nous apprécions en France? Trois valeurs ressortent de notre modèle quantitatif : Christian Dior (DIOR: xpar), Peugeot (UG: xpar) et Casino (CASP: xpar). Ci-dessous, nous avons collecté les points clés et les catalyseurs pour ces actions.

Christian Dior

• Très fort momentum par rapport aux pairs. Nouveaux records enregistrés en octobre.

• Forte génération de flux de trésorerie disponible et valorisation attrayante par rapport aux pairs

• Bonne croissance aux États-Unis et en Asie (Japon)

• L'environnement macro soutient des perspectives positives pour les biens de consommation de luxe

• 10% d'alpha annualisé par rapport à l’indice SBF 250 au cours des 5 dernières années

Peugeot

• Une valorisation attrayante par rapport aux constructeurs automobiles mondiaux

• Surperformance au sein de l'industrie automobile mondiale

• Forte expansion des marges presque à égalité avec les meilleurs de l'industrie

• Bonne croissance générale, mais la Chine est encore une géographie troublante pour Peugeot

• 20% d'alpha annualisé comparé à l’indice SBF 250 au cours des 5 dernières années

 

Casino

• Une valorisation attrayante par rapport à d'autres détaillants alimentaires mondiaux

• Rendement des dividendes à 6,3% avec en parallèle une réduction de la dette et des rachats d'actions

• S’engage dans une compression des marges en raison d’une concurrence accrue

• Potentielle expansion des marges et croissance du segment international

• -15% d'alpha annualisé par rapport à l’indice SBF 250 au cours des 5 dernières années

 

Ci-dessous un graphique 5 ans sur ces trois actions.

Description de la gestion et du risque

Le plus grand risque pour notre recommandation est un euro sensiblement plus fort ou un ralentissement sévère en Chine qui lutte actuellement avec des indicateurs avancés plus faibles. La Corée du Nord est le risque extrêmele plus évident à l'horizon, qui pourrait déclencher une grande correction sur les actions mondiales.

 

Paramètres

Entrée : nous prenons position sur ces trois actions avec des ordres d'achat au marché

Stop : les niveaux des stop-loss sont les suivants :

• Christian Dior: 235 €

• Peugeot: 17 €

• Casino: 45,50 €

 

Cible: les niveaux des cibles sont:

• Christian Dior: 350 €

• Peugeot: 25 €

• Casino: 70 €

 

Horizon temporel: nous avons fixé l'horizon d’investissement à moyenterme reflétant une perspective de 12 mois

 

 

Peter Garnry

Peter Garnry est le Directeur de la stratégie Actions de Saxo Bank. Il publie toutes les semaines des analyses sur les plus fortes capitalisations boursières mondiales ainsi que des notes sur[...]