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Marchés actions / Point du mois d'octobre : la hausse peut-elle se poursuivre jusqu’à la fin de l’année ? par Andréa Tueni

Après avoir connu une phase morose, les indices européens ont repris leur marche en avant. Certes la progression n’est pas linéaire et reste donc entrecoupée de périodes plus molles. Cependant, les faits sont là et la progression se poursuit. L’indice CAC 40 revient doucement mais sûrement sur ses plus hauts annuels. 

Quels sont donc les principaux catalyseurs du moment et à venir ?

Le niveau de l’euro a joué un rôle fondamental sur les marchés, freinant considérablement toute progression. En effet, la hausse rapide et violente de l’euro a pris de court les investisseurs. Un euro au-dessus des 1,20 est un facteur de stress pour les investisseurs. Ainsi, la progression de la devise européenne reste une variable non négligeable.

Dans ce contexte, le poids des Banques Centrales sera déterminant. Les marchés attendent impatiemment les décisions de politique monétaire à venir. La BCE a ouvert la voie à un retrait progressif de ses mesures non conventionnelles. Cependant, Mario Draghi pourrait attendre 2018 pour lancer son « tapering » et éviter ainsi de fragiliser le marché et la reprise en Zone Euro. La FED, de son côté, devrait poursuivre la normalisation de sa politique et opérer une troisième hausse des taux (avec une probabilité estimée autour de 70%). La FED devrait d’ailleurs rester au centre des attentions. En effet, la question du remplacement de Yellen à la tête de l’institution va occuper les esprits. Alors que son mandat prend fin le 3 février 2018, quatre candidats se détachent. Parmi eux, on retrouve deux candidats plutôt "hawkish" : Kevin Warsh dont le style pourrait trancher avec celui de Yellen et John Taylor. A l'inverse, avec un penchant plutôt "dovish", Jérôme Powell fait office de sérieux candidat. Il aurait le mérite d'assurer une transition en douceur car ses idées ne sont pas si éloignées de celles de Yellen. Enfin, Janet Yellen, qui a rencontré Donal Trump récemment, est candidate à sa propre succession même si la plupart des analystes accorde à cette hypothèse une probabilité très faible. Ainsi, rien n’est encore joué et ce dossier sera à suivre attentivement d'ici le début du mois de novembre.

Les Etats-Unis, politiquement et à travers l’évolution de Wall Street, constituent le principal catalyseur du moment. La corrélation entre les indices américains et européens est très forte. Il apparaît clair depuis quelques semaines que la progression, dans un sens comme dans l’autre, des marchés américains est le principal accélérateur. Les graphiques ci-dessous montrent la corrélation entre Dax / S&P 500 et CAC 40 / S&P 500. On peut de manière assez nette observer un mouvement marqué sur les courbes.

Bien évidemment, l’hypothèse d’une correction des marchés américains alimentée par les performances vertigineuses de ces derniers mois est un thème qui devrait rester dans les esprits. Techniquement, les indicateurs indiquent une évolution sans précédent mais cependant, les prémisses d’une correction/consolidation ne sont pas encore visibles. 

Corrélation Dax / S&P 500 Source : Bloomberg

Corrélation Dax / S&P 500 Source : Bloomberg

 

Sur le plan politique, la personnalité de Trump reste un dossier en fil rouge. La réforme fiscale très attendue par les investisseurs ne sera pas simple à obtenir et les attentes devront être revues à la baisse.

Enfin, même si les marchés ont montré une certaine lassitude, ne réagissant plus de manière vraiment violente, l’escalade des tensions entre la Corée du Nord et les Etats-Unis reste une source d’inquiétudes. Si l’escalade verbale venait à se transformer en véritable conflits militaires, les conséquences seraient dramatiques. Cependant, on peut penser que Trump utilise la Corée du Nord pour faire pression sur la Chine et que ces derniers ne laisseront pas la situation s’envenimer de manière irréversible.

Techniquement, la hausse pourrait se poursuivre en l’état. Cependant, elle devrait s’opérer par paliers. Les marchés semblent en tout cas imperméables à toute mauvaise nouvelle. Le premier objectif sur le CAC 40 serait déjà de renouer avec ses plus hauts annuels post élection d’Emmanuel Macron à 5474,80 avant de viser une cassure des 5500 points. Techniquement parlant, il n’y a aucune alerte à moins d’une cassure des 5225 points. 

 

Andrea Tueni

Diplômé du Master en Finance de marché de Sup de Co Reims, Andrea Tueni rejoint Saxo Banque France en tant que Sales Trader en 2013.  Ce spécialiste des devises et matières premières est rapidement[...]