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Les Prévisions Choc 2017 de Saxo Bank

Cette année sera-t-elle celle de la croissance de la Chine, d’un Bremain, du rebond du peso mexicain et de la surperformance des banques italiennes sur les actions ?

Saxo Bank, le spécialiste de l’investissement et du trading en ligne, publie ses Prévisions Choc 2017.

Cette série de prévisions perpétue la tradition de Saxo Bank de provoquer le débat sur certains événements susceptibles de surprendre ou de choquer les investisseurs lors de l'année à venir. Ces prévisions ne sont donc pas les prévisions officielles des équipes de recherche et de stratégie de Saxo Bank pour l’année 2017. Elles visent plutôt à mettre en scène des événements et mouvements de marché aberrants qui pourraient bouleverser le consensus bien-pensant toujours en place.

Steen Jakobsen, Economiste en Chef de Saxo Bank, commente : « Le plus gros défi à relever pour écrire les Prévisions Choc de cette année était d'absorber la surprise du Brexit et l'élection de Donald Trump à la tête des États-Unis. Il arrive que la réalité dépasse les prévisions les plus choc  ».

« Le thème général des Prévisions Choc de cette année pourrait être : à situation désespérée, mesure désespérée. Alors que l'année 2017 approche à grands pas, les banques centrales pourraient se résoudre à abandonner leur politique arrangeante et leurs taux d'intérêt négatifs, sans pour autant renoncer à toute forme d'intervention et d'influence sur la distribution du capital et le prix de l'argent ». 

« Voici une dernière conclusion tirée de mon expérience sur les Prévisions Choc : celle que vous rejetez le plus tend à se réaliser. Avouons-le, personne ne croyait à l'hypothèse d'une reprise des marchés émergents emmenée par le Brésil l'année dernière ».

Vous trouverez ci-dessous, les 10 Prévisions Choc 2017 de Saxo Bank :

  1. LE PIB DE LA CHINE ATTEINT 8 % - ET LE SHCOMP 5 000 P

La Chine réalise que la phase de croissance du secteur de la production et de l'infrastructure a atteint son maximum.  Grâce à des mesures massives d'incitation budgétaire et monétaire, et à l'ouverture accentuée des marchés de capitaux, le pays accomplit avec succès une transition vers une croissance ciblée sur la consommation, dépassant les prévisions en portant sa croissance à 8 % en 2017. L'euphorie due à la hausse de la croissance et de la consommation privée déclenche une fièvre spéculative sur le marché d'actions chinois et l'indice Shanghai Composite double par rapport à son niveau le plus bas de 2016 en dépassant le seuil de 5 000 p.

  1. LA FED AUX ABOIS SUIT L’EXEMPLE DE LA BOJ ET EMET DES BONS DU TRESOR A 10 ANS A 1.5%

Alors que le dollar et les taux d'intérêt américains augmentent dans la douleur au cours de l'année, la politique budgétaire expansionniste de Trump permet aux rendements des Bons du Trésor à 10 ans d'atteindre 3 %, provoquant ainsi une panique sur les marchés. Devant ce possible désastre, la Fed s'aligne sur la politique de contrôle de la courbe de rendement de la Banque du Japon en appliquant un angle différent, avec la décision de fixer le rendement des Bons du Trésor à 10 ans à 1,5 %, introduisant ainsi le QE4. La vente massive des marchés actions et obligations mondiaux s'arrête, tandis que les marchés obligataires connaissent leurs meilleurs résultats hebdomadaires en sept ans. Les critiques se portent sur le risque d'une bulle encore plus grosse.

  1. LE TAUX DE DEFAUT DU HAUT RENDEMENT DEPASSE 25%

La moyenne à long terme du taux de défaut des obligations à haut rendement est de 3,77 %, avec certains pics à 16 %, 10 % et 12 % enregistrés pendant les récessions américaines de 1990, 2000 et 2009. En 2017, ces taux s'envolent pour atteindre 25 %. Un repli de la chasse au rendement entraîne une hausse mondiale supplémentaire des taux d'intérêt, sauf au Japon. Non seulement les émetteurs de titres moins bien cotés se retrouvent en difficulté, mais surtout les investisseurs se précipitent vers les sorties de secours et abandonnent les fonds obligataires, contribuant ainsi à creuser le fossé et à aggraver l'impossibilité de refinancement des titres de dette faiblement cotés. Le taux de défaut atteint le pic record de 25 %.

  1. LE BREXIT N’EST PAS OFFICIALISE ET LE ROYAUME-UNI RESTE

La montée des extrêmes pousse les institutions de l'UE à amorcer une stratégie plus coopérative vis-à-vis du Royaume-Uni. Au fur et à mesure que les négociations avancent, l'UE se montre prête à faire des concessions clés sur l'immigration et les services financiers britanniques. Lorsque l'article 50 est soumis au vote du Parlement, il est rejeté pour être remplacé par un nouvel accord qui va bien plus loin que les demandes de modifications initiales de l'ancien Premier ministre David Cameron. Le RU reste dans le giron de l'UE, la Banque d'Angleterre remonte les taux à 0,5 % et le taux de change EUR/GBP baisse à 0,7300, en hommage à la date d'entrée du RU dans la CEE (1973).

 

  1. GUEULE DE BOIS POUR LE CUIVRE

Le cuivre faisait partie des grands gagnants des matières premières après l'élection américaine. Cependant, en 2017, le marché commence à réaliser que le nouveau président aura du mal à remplir ses promesses d'investissement et la hausse attendue de la demande de cuivre ne se matérialise pas. Face à un mécontentement croissant dans son pays, Trump durcit sa politique de protectionnisme et introduit de nouvelles barrières commerciales qui mettent en difficulté les marchés émergents et l'Europe. La croissance mondiale commence à s'affaiblir alors que la demande chinoise de métaux industriels ralentit. Une fois que le cuivre franchit le seuil critique, descendant jusqu'au prix de 2002 de 2 $/lb, les vannes sont ouvertes et une vague de ventes spéculatives accélère la chute libre du cuivre qui s'effondre pour atteindre 1,25/lb, comme lors de la crise financière de 2009.

 

  1. LE BITCOIN GAGNE DE LA VALEUR GRACE A L’EXPANSION DES MONNAIES VIRTUELLES

Le régime Trump continue à dépenser sans compter, triplant ainsi le déficit budgétaire qui passe d'environ 600 milliards $ à 1 200 - 1 800 milliards. La croissance et l'inflation montent en flèche, ce qui contraint la Réserve fédérale à accélérer sa remontée des taux et le cours du dollar s'envole. L'effet domino atteint les marchés émergents et la Chine, poussant les acteurs internationaux à rechercher des monnaies d'échange alternatives et des systèmes de paiement non reliés aux banques centrales. Ce désordre général profite au Bitcoin, pionnier des monnaies virtuelles. Si le système bancaire ainsi que des États comme la Russie et la Chine acceptent d'utiliser le Bitcoin comme alternative au dollar américain, le Bitcoin pourrait tripler sa valeur, de 700 $ à plus de 2100 $.

 

  1. LA REFORME DU SYSTEME DE SANTE AMERICAIN DECLENCHE LA PANIQUE

Les dépenses de santé représentent environ 17% du PIB, pour une moyenne mondiale de 10%, et une partie de plus en plus importante de la population américaine ne peut pas payer ses factures de santé. Le soulagement initial à l'origine de la reprise du secteur de la santé juste après la victoire de Trump disparaît rapidement en 2017 lorsque les investisseurs réalisent que son administration ne fera aucun cadeau au système de santé et prévoit au contraire de lancer des réformes brutales de ce système coûteux et peu productif. Le secteur des ETF SPDR du système de santé plonge de 50% pour atteindre 35 $ mettant ainsi fin à la bulle spéculative des actions américaines qui grossissait depuis la crise financière.

 

  1. MALGRE TRUMP LE PESO MEXICAIN GRIMPE, NOTAMMENT PAR RAPPORT AU CAD

Le marché a fortement surestimé l'intention réelle ou même la capacité de Trump d'étouffer les échanges avec le Mexique, ce qui permet au peso de se ressaisir. Pendant ce temps-là, le Canada est en difficulté face à la hausse des taux d'intérêt qui déclenche une pénurie du crédit immobilier. Les banques canadiennes s'effondrent, forçant la Banque du Canada à prendre des mesures d'assouplissement quantitatif et à injecter des fonds dans le système financier. De plus, le dollar canadien baisse alors que le pays profite beaucoup moins de la reprise économique des États-Unis que par le passé, en raison de la disparition de longue date de sa base de production causée par la mondialisation et le maintien d'une devise excessivement élevée pendant plusieurs années. Le CAD/MXN perd environ 30 % par rapport au pic de 2016.

  1. LES ACTIONS DES BANQUES ITALIENNES SURPERFORMENT

Les banques allemandes ont été prises dans une spirale négative déclenchée par les taux d'intérêt négatifs et les courbes de rendement trop plates. Au sein de l'UE, l'hypothèse d'un plan de sauvetage des banques allemandes passe forcément par un plan généralisé à toutes les banques. Ironiquement, les banques italiennes, accablées par des emprunts lourds et peu performants dans une économie intérieure stagnante sont sauvées in extremis. La nouvelle garantie permet au système bancaire de se recapitaliser et une «european bad debt bank» est créée, permettant ainsi de rééquilibrer les bilans des banques européennes et de relancer les mécanismes de crédit bancaire. La reprise des actions des banques italiennes dépasse les 100%.

  1. L’UE STIMULE LA CROISSANCE PAR LE BIAIS D’EUROBONDS

Face à la montée des extrêmes en Europe, et la probabilité d'un succès électoral catastrophique du PVV de Geert Wilder aux Pays-Bas, les États sont de plus en plus nombreux à penser que le remède à la crise économique et politique passe par le lancement de mesures de type keynésiennes plus ambitieuses, qui s'inspirent du succès des expériences du président américain Franklin Roosevelt après la crise de 1929. Après un début difficile, le plan Junker est sur la bonne voie, mais le montant de 630 milliards d'euros sur six ans est loin d'être suffisante. L’UE annonce une importante émission d'eurobonds, avec une première injection de 1000 milliards d'euros dans des projets d'infrastructure, ce qui renforce l'intégration économique de la région et permet d'attirer massivement les capitaux des investisseurs.

 Lire l'intégralite des Prévisions Choc de Saxo Bank.

Steen Jakobsen

Chef économiste - Saxo Bank

Steen Jakobsen a plus de 25 ans d’expérience dans le domaine du trading et des marchés financiers. Après avoir terminé ses études d’économie à[...]

Christopher Dembik

Christopher Dembik est Responsable de la recherche macroéconomique de Saxo Bank. 

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