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Les 10 scenarii de Saxo Bank en cas de victoire de Clinton

Saxo Bank vous livre son analyse sur la candidate démocrate et vous présente 10 évènements qui pourraient avoir lieu si elle était élue le 9 novembre 2016.

1. La guerre

La trajectoire la plus probable pour un régime Clinton, étant donné sa politique, conseillers et idéologies, serait un mix étrange des présidences de Barack Obama et de George W. Bush. Dans son pays, Clinton se présenterait comme libérale, voire progressiste. A l’étranger, elle passerait pour une néoconservatrice.

Malgré les excès et le caractère belliqueux de Trump, c’est bien Clinton la candidate de la guerre. Elle a soutenu l’invasion de l’Irak, orchestré la démission du premier ministre libyen Khadafi, et continue de soutenir l’implication des Etats-Unis dans le conflit syrien pour faire tomber le régime de Bashar al-Assad.

Ainsi, Clinton place les Etats-Unis dans une course à la collision avec la Russie – la plus grande puissance nucléaire au monde.

Les plus gros risques d’une présidence Clinton sont ceux de faire appel à des groupes djihadistes et de terreur pour chasser les leaders séculaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, à l’image de Khadafi, Hussein ou Assad. La nature des interventions en Irak et en Libye rendent difficiles l’acceptation d’une ligne d’intervention à caractère humanitaire. 

2. Le boom de Wall Street

Les marchés souhaitent une victoire de Clinton. La victoire représenterait non seulement un status quo en termes de commerce international et des normes établies, mais ferait aussi taire les menaces qui pèsent sur la Fed et sa présidente Janet Yellen, proclamées par Donald Trump.

Depuis la crise financière, les valeurs américaines et le dollar ont été davantage liés à la politique de la Fed qu’auparavant. Là où Trump accuse la banque centrale de créer une « fausse économie » avec son engagement à pratiquer des taux bas, Clinton soutient que « les mots ont des conséquences, les mots font bouger les marchés ».

3. La fin du partenariat Trans-Pacifique

Clinton s’oppose publiquement à la fin du « Trans-Pacific partnership » mais personne ne la croit réellement.  Pourquoi le feraient-ils ? Clinton a longtemps été en faveur des deals commerciaux multilatéraux et il apparait qu’elle soutient la pro-mondialisation. Ses dernières déclarations à ce sujet disent d’ailleurs tout et son contraire.

4. Les grandes banques se délecteraient

Il est faux d’affirmer en premier lieu que les Démocrates sont de “gauche” et les Républicains de “droite”, et de conclure alors que les grandes banques doivent supporter le camp de droite. Les Démocrates sont désormais un parti néolibéral et les Républicains sont, sous Trump, un parti populiste.

Et les banques préfèrent le néolibéralisme…

5. Le secteur de la santé doit se préparer au pire

Le secteur de la santé est en mauvaise posture, que ce soit sous Clinton ou Trump, avec une volonté d’augmenter le prix des médicaments et l’inflation des dépenses de santé qu’ont connu les Etats-Unis ces 30 dernières années.

Par ailleurs, les corrélations actuelles démontrent que la biotech et l’industrie pharmaceutique réagissent négativement à une victoire de Clinton.

6. Un peso positif

“Donald Trump n’aime pas le Mexique” et martèle son souhait de construire un mur le long de la frontière entre les deux pays, tout en tenant des discours dans lesquels il déclare que « lorsque le Mexique nous envoie des personnes, ils n’envoient pas les meilleurs […], ils envoient des personnes qui ont beaucoup de problèmes et ces derniers nous transmettent leurs problèmes. Ils transportent de la drogue. Ils transportent le crime. ». L’accusation dans ce discours était destinée au gouvernement Mexicain.

Cela étant dit, la leçon du marché est que le peso mexicain et Trump sont négativement corrélés. Une présidence Clinton pourrait éviter cela.

7. Machinations autour du pétrole

Le 7 Septembre dernier, le magazine Fortune a déclaré que Hillary Clinton a levé deux fois plus de fonds en provenance de l’industrie pétrolière que Donald Trump. C’est assez insolite, puisque le parti Républicain a jusque-là toujours été la maison du Grand Pétrol, cependant peu de grands groupes pétroliers soutiennent la politique populiste et plaident en faveur d’une politique néolibérale.

Le conflit Syrien pèse aussi dans la balance. Les Etats-Unis ont des projets de construire un pipeline entre le Qatar et l’Europe qui réduirait la dépendance européenne du pétrole et du gaz russe, et boosterait ainsi sa dépendance aux autres pays producteurs de pétrole liés à Washington.

Un tel pipeline ne pourrait cependant pas exister sous le régime de al-Assad.

8. Un commerce hémisphérique

Clinton rêve « d’un marché commun, de libre échange et aux frontières ouvertes, permettant la croissance et offrant des opportunités à toute personne dans l’hémisphère ».

La candidate milite en faveur du commerce libre, et souhaite notamment augmenter la coopération avec l’Amérique du Sud.
 

9. Une politique en faveur du secteur manufacturier

 

10. Crise de légitimité (« les gens se révolteront! »)

Et cela nous conduit au plus gros point, le point final, celui qui confirme l’instabilité promise par une présidence de Donald Trump, au-delà même de sa perte.

Trump a passé le mois d’octobre a dire à ses votants que le système électoral est corrompu et en faveur de Clinton.  Il a déclaré qu’il accepterait les résultats des élections, seulement s’il gagne.

Les Etats-Unis sont désormais une société tellement polarisée que, tout comme en Europe, il y a le sentiment que les élites engagées dans l’accord de Davos tentent d’établir leur tant souhaité ordre du monde, à n’importe quel prix.

Est-ce vrai ? Et bien le Brexit a eu lieu. L’élite  puissante ne souhaitait certainement pas cela mais c’est arrivé. D’un autre côté, le président de la société de machines de votes Smartmatic,

Mark Malloch-Brown, fait partie du board du plus grand donateur du camp Clinton, George Soros’ Open Society Foundation, et son entreprise a ses machines dans 16 états, dont le très disputé état de Floride.

Et voici l’Amérique dans la dernière ligne droite de sa 58ème élection présidentielle. Un pays où la moitié des gens assiste à un duel entre un administrateur compétent contre un absurde et ridicule clown.  L’autre moitié ? Ils voient en Donald Trump quelqu’un qui risque tout pour sortir son pays du bourbier dans lequel il s’est enlisé, quel que soit la ligne de conduite à adopter.

 

 

Steen Jakobsen

Chef économiste - Saxo Bank

Steen Jakobsen a plus de 25 ans d’expérience dans le domaine du trading et des marchés financiers. Après avoir terminé ses études d’économie à l’université de Copenhague, il commence sa carrière chez[...]