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Le marché pétrolier à deux doigts d'exploser

Aujourd'hui, avec un peu d'avance, Donald Trump doit annoncer sa décision finale concernant le maintien des Etats-Unis dans l’accord signé avec l’Iran et cinq autres puissances mondiales le 14 juin 2015 visant à limiter le programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions contre Téhéran. Il s’agit de l’évènement le plus important pour le marché pétrolier depuis l’accord entre l’OPEP et la Russie en décembre 2016.

Si Donald Trump décide de retirer les Etats-Unis de l’accord, une flambée des prix mondiaux du baril de pétrole pourrait intervenir et être très contre-productive compte tenu de l’impact à attendre sur la croissance mondiale et l’inflation. Alors que les autres membres signataires de l’accord souhaitent son maintien, la réintroduction des sanctions américaines nuirait à la capacité de l’Iran à recourir pour ses paiements à l’USD. Même si l’Iran n’exporte pas de pétrole vers les Etats-Unis, les sanctions pourraient aboutir à la réduction drastique de la demande des alliés américains en Europe, au Japon et en Corée du Sud, comme nous l’avons déjà vu par le passé, notamment en 2012 et en 2015.

Les Etats-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite considèrent l’accord actuel comme imparfait puisqu’il permet à l’Iran de construire des armes nucléaires après un moratoire de dix ans tout en donnant à Téhéran le pouvoir économique de financer des organisations terroristes en Syrie, au Liban et au Yémen. Israël a rejoint le débat la semaine passée lorsque le Premier ministre Netanyahu a déclaré posséder des documents prouvant que l’Iran avait lancé un programme entre 1999 et 2003 pour construire des bombes atomiques. L’impact sur le marché s’est avéré temporaire car Israël n’a finalement présenté aucune preuve tangible que l’Iran viole actuellement les termes de l’accord. 

La levée des sanctions au début de 2016 a contribué à une augmentation d’un million de barils par jour de la production pétrolière iranienne, à 3,8 millions de barils par jour. Une réintroduction des sanctions pourrait conduire à abaisser d’environ 300 000 à 500 000 barils par jour la production iranienne. 

En cas de sortie des Etats-Unis, l’envolée du baril de pétrole est quasi-certaine, sachant que le Brent brut, qui sert de benchmark mondial, a déjà considérablement augmenté ces dernières semaines, sous l’effet des tensions géopolitiques et aussi de l’effondrement continu et massif de la production du Venezuela (selon les prévisions, la production de Caracas pourrait diminuer de l’ordre de 350 000 à 400 000 barils par jour cette année du fait d'un sous-investissement considérable). 

 

Christopher Dembik

Christopher Dembik est Responsable de la recherche macroéconomique de Saxo Bank.  Avec[...]

Ole S. Hansen

Ole Hansen est un spécialiste du trading sur Futures, notamment sur matières premières. Il est Directeur de la stratégie matières premières chez Saxo Bank.