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"La sagesse voudrait que la FED relève ses taux ce soir", une note de Christopher Dembik, Economiste, Saxo Banque

La probabilité de hausse des taux de la FED est plus élevée que le marché ne le croit.

 

La sagesse voudrait que la FED relève ses taux ce soir.

 

La probabilité de hausse des taux de la FED est plus élevée que le marché ne le croit. Stricto sensu, la banque centrale américaine est quasiment en passe d’avoir rempli son mandat dual. L’inflation hors énergie est à 1,8%, soit proche de la cible des 2%, tandis que le taux de chômage est proche de son niveau de plein-emploi. Voici le graphique qui pourrait convaincre la FED d’augmenter ses taux aujourd’hui :

 

 

Le taux de chômage est de retour vers son niveau d’avant-crise. Point décisif : le ratio revendications hebdomadaires au chômage / population active est à son plus bas niveau historique si on compare les données qu’on peut récolter depuis le milieu des années 1960. Dans ces conditions, la FED aurait toute légitimité à relever graduellement ses taux. Le redressement monétaire sera beaucoup plus lent que celui enclenché en 1999 ou en 2004 et ne pourrait être, dans un premier temps, que de dix ou quinze points de base. Les conditions de crédit n’en seront pas fondamentalement modifiées.

La FED a également une autre raison de privilégier une action rapide. Il est de sa responsabilité de mettre un terme à l’accroissement de la dette en USD dans les pays émergents qui, tôt ou tard, finira par déboucher sur une nouvelle crise financière et l’accentuation des pressions déflationnistes. Il faut purger le système rapidement. En augmentant ce soir les taux, la FED pourra limiter l’impact négatif d’une phase d’endettement exagérée qui fait peser un risque énorme sur la reprise de la croissance.

Notre scénario de base repose toujours sur une hausse des taux en septembre ou, au plus tard, avant la fin de l’année. Il n’existe pas de timing idéal pour durcir la politique monétaire.

La FED pourrait invoquer les développements de cet été en Chine et privilégier le statu quo ce mois-ci mais, vu l’évolution conjoncturelle américaine, elle ne pourra pas faire l’économie d’un durcissement de la politique monétaire d’ici quelques mois. Un changement de stratégie serait incompréhensible.  

Juste avant la conclusion de sa réunion, nous avons une certitude : la FED sera accusée d’avoir causé la prochaine crise financière, soit parce qu’elle a laissé ses taux proches de zéro trop longtemps, soit parce qu’elle a redressé ses taux trop tôt.

Christopher Dembik

Christopher Dembik est Responsable de la recherche macroéconomique de Saxo Bank.  Avec une double formation française et polonaise,[...]