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Guide pour la soirée électorale américaine

"Le processus électoral américain est difficile à comprendre pour la plupart des non-Américains. L’enjeu est d’avoir au moins 270 grands électeurs (depuis 1964) et non pas de remporter le vote populaire. C’est ainsi qu’en 2000, George W. Bush a pu gagner l’élection présidentielle (suite à l’intervention de la Cour Suprême) tout en recueillant 500 000 voix de moins que son rival démocrate."

Les derniers faits marquants :

  • Les forces en présence: 
     
  • Dans cette dernière ligne droite, sans surprise, l’écart entre les deux candidats se réduit. Il n’est plus que de 2,3 points selon RealClearPolitics. Donald Trump bénéficie d’une dynamique positive, y compris dans des Etats où il partait initialement en position de faiblesse. Son profil atypique et sa volonté de « tout renverser à Washington » séduisent une partie de l’électorat, notamment la classe moyenne blanche, qui se mobilise massivement pour le scrutin. 
  • Pour autant, les prévisionnistes tablent toujours sur une victoire d’Hillary Clinton. Cependant, celle-ci pourrait être beaucoup moins importante qu’anticipée. Les derniers sondages et le vote anticipé montrent une mobilisation en baisse des jeunes (qui avaient massivement soutenu Bernie Sanders mais sont réticents à voter en faveur d’une figure contestée de l’establishment). 
     
  • C’est au niveau des swing states que tout va se jouer, en particulier la Pennsylvanie, la Floride et l’Ohio. Pour espérer s’installer dans le bureau oval, Donald Trump doit absolument remporter les grands électeurs de Floride et d’Ohio. Dans ce dernier Etat, le candidat républicain maintient et même conforte son avance (46,7% des intentions de vote vs 44% pour Hillary Clinton). La surprise (inquiétante) des derniers jours, c’est que son offensive sur le terrain en Floride semble être payante puisqu’il est désormais en tête des sondages dans cet Etat crucial qui tombe traditionnellement dans l’escarcelle des Démocrates lors de l’élection présidentielle. Il est à 46,5% contre 45,9% pour son adversaire. Ce n’est pas la première fois qu’il prend l’avantage dans cet Etat (ce fut le cas courant septembre) mais une telle évolution si près de l’échéance du 8 nov. n’est pas de bon augure. Pendant la nuit électorale, les résultats vont compter au compte-goutte. Toutefois, si Donald Trump remporte la Floride et ses 29 grands électeurs, il accroît considérablement ses chances de succéder à Obama (on pourrait même être tenté de dire que les jeux seront (presque) faits !). 
 

A suivre:

  • L’annonce des résultats :
    La fermeture des bureaux de vote commencera à partir de 1h heure française le 9 novembre. Cependant, toute l’attention se portera sur les swing states et, en particulier, la Floride et l’Ohio où le vote se terminera respectivement à 1h et à 1h30 du matin. Si les résultats sont serrés, ce qui n’est pas complètement exclu au regard des derniers sondages, il faudra peut-être attendre 7h du matin pour connaître le nom du successeur de Barack Obama. Echaudés par les soubresauts ayant eu lieu la nuit du référendum britannique en juin dernier, même en cas de tendance claire, il est probable que beaucoup d’investisseurs optent pour la prudence et attendent les résultats définitifs officiels avant de revenir sur le marché.
  • Où s’informer ?
    Les chaînes d’informations en continu et la plupart des grands médias seront mobilisées à l’occasion de la soirée électorale. Du côté américain, le site 538 (www.fivethirtyeight.com) constitue une source d’informations précieuses pour les investisseurs. Nate Silver, qui en est le fondateur, est un statisticien réputé spécialisé dans le processus électoral américain. Tout au long de la nuit, il divulguera des statistiques de premier ordre et pointera d’éventuelles anomalies qui permettront d’avoir une meilleure idée du résultat final du scrutin.

Christopher Dembik

Christopher Dembik est Responsable de la recherche macroéconomique de Saxo Bank.  Avec une double formation française et polonaise,[...]