-

Europe de l’Ouest : le Brexit accentue le risque élevé de ralentissement de la croissance dans les trimestres à venir

Le Brexit fut un choc du fait du décalage important entre les attentes du marché et le résultat officiel du référendum britannique. Bien qu’il soit encore trop tôt pour savoir avec précision les implications économiques du Brexit, il est certain que l’incertitude autour du processus politique à venir aura un impact négatif sur l’investissement et la croissance en Europe. 

 

La publication le 5 juillet des PMI services et composite britanniques donnera une indication sur le sentiment des agents économiques suite à la victoire des partisans de la sortie. Cependant, il faudra attendre mi-juillet pour connaître dans le détail l’impact économique lorsque les enquêtes concernant l’activité commerciale et le processus de recrutement seront publiées. Dans le cas d’une volatilité accrue sur les marchés financiers, la Banque d’Angleterre et la BCE sont disposées à intervenir pour fournir plus de liquidité. Si on regarde l’écart de taux entre les obligations souveraines des pays core et des pays du Sud de la zone euro, et la situation financière au Royaume-Uni, il n’y a pas d’urgence pour une réponse rapide des autorités monétaires pour le moment. De notre point de vue, le Brexit constitue plus une rupture politique qu’un bouleversement économique et financier.

Bien avant le Brexit, le processus de ralentissement économique était enclenché en Europe. Il ne fera que s’accélérer. Le CEPR EuroCOIN, indicateur avancé pour juger de l’évolution de la croissance, confirme un ralentissement significatif pour la zone euro dans les trimestres à venir. L’erreur stratégique de la zone euro est de trop compter sur la politique monétaire et de négliger la politique fiscale. La chute des taux d’intérêt représente une opportunité historique pour investir, notamment dans les infrastructures et les nouvelles technologies. Dans le cas de l’Allemagne, seul pays à avoir des finances publiques saines, 80% des obligations souveraines sont en territoire négatif. Pourtant, le pays n’emprunte pas pour investir. En septembre prochain, la BCE examinera en détail les effets de sa politique monétaire, en particulier les rachats d’obligations d’entreprises, qui ont démarré le 8 juin dernier pour un montant total d’environ 5 milliards d’euros par mois. Cela devrait ouvrir la porte à de nouveaux assouplissements à moyen terme. 

Christopher Dembik

Christopher Dembik est Responsable de la recherche macroéconomique de Saxo Bank.  Avec une double formation française et polonaise,[...]